Voici venu le premier dimanche du mois de mars, Journée des malades dans toute la Suisse – ceci pour la 82e fois. C’est pour moi, en tant que directrice de la Santé mais aussi comme citoyenne, une opportunité de vous adresser un message de reconnaissance. Mais aucune année n’a encore été comparable à celle-ci : la très grave crise sanitaire surgie il y a douze mois signifie pour vous toutes et tous, au quotidien, une éprouvante exigence. Cet immense défi, vous le relevez avec un professionnalisme et un courage qui forcent l’admiration.

« Vulnérable mais combatif » : c’est le thème de cette Journée des malades 2021. L’occasion de mettre en lumière les atteintes au psychisme que provoquent maladies et handicaps, en plus des limitations physiques qui sont les plus visibles. La charge psychologique d’une maladie, ou d’une pandémie comme celle du coronavirus, est ressentie différemment d’une personne à l’autre. Elle ne se limite pas au début d’une maladie, mais persiste aussi durant les années qui suivent. De la même manière que varie, d’un individu à l’autre, la capacité à surmonter l’adversité : ce qu’on appelle la résilience.

Bien heureusement, cette aptitude à rebondir peut s’acquérir à tout moment de l’existence, de la petite enfance au grand âge. Mais on ne la développe pas en solitaire. La communauté et l’environnement social ont un rôle important à jouer : les amis, la famille, mais aussi des personnes nouvelles qui vivent par exemple la même épreuve ou l’ont déjà surmontée. Des études indiquent que l’intégration sociale exerce une influence positive sur la satisfaction et la perception de l’état de santé des individus. Nous le ressentons particulièrement bien en cette fragilisante période de semiconfinement, les liens sociaux nous donnent de la force.

La perception de ses propres émotions est un autre élément important. Est-on en mesure d’exprimer, d’ordonner et donc de gérer ses propres pensées et sentiments ? Les personnes qui réagissent en résilience dans une situation difficile se connaissent bien et savent quand, comment et où elles peuvent requérir l’aide d’autrui en cas de problème.

Regardez le magnifique dessin créé par l’artiste fribourgeoise Gisèle Rime : il montre un être humain fragilisé, mis à nu, puisant de la résilience dans ses racines et dans les émotions positives qu’il sait reconnaître. C’est pour lui une source de réconfort, un refuge et un moteur. Tel un arbre, telle la nature entière – véritable modèle de résilience –, cet humain blessé se connecte à sa force de vie.

« Laissez-nous parler de nos maladies et de nos handicaps, mais également de ce qui nous fait du bien lorsque nous traversons une période difficile. N’hésitons pas à montrer nos faiblesses, car il en résultera des forces » : le message de la Journée des malades 2021 encourage une société et un monde de la santé encourageant l’entraide aussi bien que la capacité à se laisser aider.